 |  Le Fonds monétaire international a estimé mardi l'économie du Zimbabwe encore très vulnérable à la montée de sa dette extérieure, malgré l'amélioration de la situation humanitaire du pays et du fonctionnement de l'Etat.  |
"La position extérieure reste précaire", a indiqué le FMI dans un résumé de son rapport annuel sur l'économie zimbabwéenne, s'inquiétant de la dette extérieure du pays, qu'il a estimée à 7,1 milliards de dollars fin 2009, soit 162% du produit intérieur brut. Cette dette "a continué de monter principalement du fait de nouveaux paiements d'arriérés, d'intérêts et de pénalités sur les arriérés existants", a indiqué le FMI, relevant que "de nouveaux emprunts à court terme du secteur privé s'y sont ajoutés". Le Zimbabwe cumule de lourds arriérés auprès de créanciers internationaux, dont le FMI qu'il cherche à rembourser afin de pouvoir prétendre à une aide. Harare avait normalisé ses relations avec l'institution multilatérale en février, quatre ans après la suspension de son droit de vote à cause de son passif trop important. Face à cette montée de la dette, les Etats membres représentés au conseil d'administration du FMI ont demandé au pays de "s'abstenir d'utiliser de nouveau" les fonds alloués au pays (comme aux 185 autres Etats membres) par le Fonds en 2009, sous forme de Droits de tirage spéciaux (DTS). Tout Etat membre revendant ces DTS pour obtenir d'autres monnaies doit en effet s'acquitter d'intérêts, et le Zimbabwe en a utilisé une partie pour financer la rénovation d'infrastructures en ruine. Dévastée par la politique du président Robert Mugabe, l'économie zimbabwéenne se remet peu à peu d'années d'hyperinflation et de crise humanitaire. "La situation humanitaire s'est améliorée. La plupart des écoles et des hôpitaux ont rouvert", et "l'Etat a renforcé son système de gestion des finances publiques avec l'aide de la Banque mondiale", a constaté le FMI. Mais en 2010, le Fonds a indiqué craindre un ralentissement de la croissance, à cause de l'augmentation des salaires de la fonction publique, de "la hausse des incertitudes quant au processus d'indigénisation" (proposition de loi qui impose aux entreprises étrangères de transférer 51% de leur capital à des Zimbabwéens), et de la croissance trop rapide du crédit bancaire. Le FMI table sur une croissance de 2,2% en 2010, mais a souligné que toute prévision était "fortement incertaine". Selon ses estimations, l'année 2009 a été la première du siècle à voir le PIB du Zimbabwe progresser. Cette croissance de 4,0% a été permise par un environnement beaucoup plus stable, l'inflation tombant à 6,5% après 55,6 milliards de pour cent en 2008. Cette performance a été permise par l'abandon en janvier 2009 d'un dollar zimbabwéen totalement décrédibilisé, et remplacé par un système de devises étrangères multiples, dont le dollar américain et le rand sud-africain.   Â
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