[Sénégal]Construction de l'aéroport international Blaise Diagne PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Sidy DIENG   
Mardi, 20 Mai 2008 01:10
   Comment faire en sorte que l'implantation du futur Aéroport international Blaise Diagne (Aibd), mieux connu sous la dénomination d’aéroport de Diass, du nom de son site d'implantation, serve à la communauté sans nuire à personne ? La recherche de solution à cette épineuse question a réuni en conclave samedi, dans la salle de délibération de la mairie de Pout, les populations de la communauté rurale de Keur Mousseu (dans le département de Thiès), les autorités administratives avec à leur tête le ministre l'Artisanat et des Transports terrestres et la direction générale de l’infrastructure aéroportuaire.
POUT - Déjà, des voix s'étaient élevées pour décrier les exactions et autres dommages subis par les habitants des villages situés sur le site retenu pour abriter les installations du futur Aéroport international Blaise Diagne (Aibd) ou aéroport de Diass. Parmi ces villages, il y a celui Mbadad qui se trouve en plein dans la zone aéroportuaire et dont les habitants, outre le fait qu'ils ont été expropriés de leur terre, vivent une sorte de réclusion, encerclés qu'ils sont par une clôture en grillage. Et même s'ils ne connaissent pas encore ce sort, ceux des villages de Kathialick, de Kessoukhat, de Thiembokh et de Soune Sérère sont sur le qui-vive puisqu'étant sur la même ère géographique.

Aussi le rencontre de Pout, première du genre, aura-t-elle été l'occasion pour Assane Diouf, qui parlait au nom des populations concernées, de poser la question des impenses allouées aux villageois à titre de dédommagement. Des impenses qu'il trouve insuffisantes, surtout quand on sait qu'elles ont été proposées sur la base du décret de 1988. Selon lui, depuis cette date, tout a augmenté au point que la somme proposée est aujourd'hui insignifiante puisque ne pouvant plus suffire pour la reconstruction de leurs habitations. S'y ajoute, d’après lui, qu'il y a eu des omissions lors du recensement. Lesquelles omissions doivent, à son avis, faire l'objet d'un recensement complémentaire.

Autre problème soulevé, celui portant sur le reclassement. D’après Assane Diouf et les habitants des villages menacés de déguerpissement, ils doivent savoir qui sera reclassé et qui ne le sera pas. Sans compter qu'il faudra penser à recycler les populations déplacées qui ne connaissent que le travail de la terre. Parce qu'une fois spoliées de leurs terres, elles ne pourront plus s'adonner à l'agriculture. Aussi Assane Diouf proposera-t-il la mise en place sur le site de reclassement d’un centre de formation leur permettant de se reconvertir et d'avoir des aptitudes pour travailler à l'aéroport de Diass même. Quant aux femmes, elles demanderont que des mutuelles d'épargne et de crédit soient implantées dans les sites de reclassement pour leur permettre de s'adonner à d'autres activités dès lors qu'elles ne pourront plus exploiter la forêt classée.

Le ministre de l'Artisanat et des Transports terrestres tentera de donner des réponses à toutes ces préoccupations. C'est ainsi qu'à la suite du gouverneur, il dira que, sur le plan des emplois que va générer l'aéroport, les jeunes des villages environnants seront prioritaires. Mais aussi que des fermes agricoles, à l'instar de celle de Djilakh, seront créées sur le site pour permettre aux populations de continuer leurs activités agricoles. S'agissant d'un recensement complémentaire, Farba Senghor dira n'y voir aucun inconvénient, car il ne sera question de léser qui que ce soit. Aussi approuvera-t-il l'idée de la mise en place d'un comité de suivi émise par Assane Diouf. Lequel comité devrait permettre une concertation permanente entre les principaux concernés sur toutes les décisions qu'il faudra prendre. En somme, des mesures d'accompagnements devront être prises, selon le ministre, pour faire en sorte que le futur aéroport serve plus qu'il ne desserve les populations.

Du côté de la direction générale de l'Aidb, Modou Khayar se voudra lui aussi rassurant. A l'en croire, les autorités compétentes sont déjà saisies de la question des impenses soulevées par les populations. Et nul doute, dira-t-il, qu'elles feront le nécessaire en conformité avec les textes en vigueur. Pour les cas d'omission, il fera savoir que le ministre de l'Economie et des Finances est déjà saisi de la question. S'agissant du site de reclassement, il rassurera sur les mesures d'accompagnement qui seront mises en œuvre pour faciliter l'adaptation des populations sur leurs nouvelles terres.

 
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