 | De 9 heures à 15 heures environ, la voix de l’huissier s’élevait au milieu d’une troupe de personnes dont les regards ne quittaient pas les différents produits mis en vente : liqueurs, vins rouges, champagnes, parfums, produits d’épicerie, boissons gazeuses et matériel usagé de prestation à bord d’aéronef. La ruée vers cette offre était assez grande, avec à la clé une forte mobilisation du personnel de la Camair. Hôtesses de l’air, stewards, guichetiers, pilotes, et autres catégories, n’ont pas hésité à se faire un dernier souvenir de la Camair. "Des acquisitions symboliques qui nous permettront de nous rappeler de la compagnie ", confie un membre de l’équipage aérien. |
Durant la première heure de la vente, le personnel de la Camair était prioritairement servi, ce qui n’a pas semblé plaire aux autres potentiels acheteurs. " L’annonce dans le numéro 9107 du journal offociel signale une vente aux enchères publiques qui se fera par lot, au comptant et au plus offrant. Pourquoi donc léser certains et privilégier d’autres ?", s’interroge un potentiel acquéreur. Un autre constate que " les agents de sécurité sont aussi favorisés, ils prennent ainsi tout l’essentiel du container ".
Dans le même registre de revendications, un ancien passager de la Camair se plaint d’avoir été oublié. " Les anciens passagers fidèles auraient dû être servis prioritairement car tout comme le personnel, certains ont beaucoup perdu du fait de la fermeture de cette compagnie aérienne. Moi, par exemple, j’ai au moins 4 billets d’avion pour des voyages à l’étranger, qui traînent dans mon bureau et cela fait des millions jetés à l’eau ", martèle-t-il en taisant son nom. Avis que ne partage pas le liquidateur M. Emile Bekolo. " Ce n’est pas la paie des créanciers, mais une vente aux enchères ", dit-il, avant de remercier les anciens agents de la Camair qui, malgré leur avenir incertain, ont répondu à l’appel de vente.
M. Bekolo révèle que le stock global mis à prix est estimé à 100 millions de francs Cfa. " Avec les gains de vente, on peut avoir plus ou moins de cette somme ", déclare-t-il. La présence d’un huissier, un commissaire priseur et des militaires ont garanti l’observation des normes et la sérénité de la vente. Autant de dispositions qui n’ont pas permis d’éviter certains grincements de dents. M. Mouoyebe a été courroucé pour n’avoir reçu qu’une seule bouteille de champagne au lieu d’un carton qui a été adjugé à son nom.
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