 |  La médiation en urgence de Blaise Compaoré lundi à Abidjan a porté ses fruits et a permis de débloquer la situation politique ivoirienne, encore marquée par deux morts parmi les manifestants anti-Gbagbo dans l’ouest le 22 février, selon le Comité international de la Croix-Rouge (CICR). Le Premier ministre présentera son nouveau cabinet en principe aujourd’hui et la commission électorale reprendra son travail cette semaine.  |
Au lendemain d'une réunion infructueuse à Ouagadougou avec l'opposition, le président burkinabè s'était rendu en Côte d'Ivoire pour tenter de résoudre la crise née de la dissolution du gouvernement et de la Commission électorale indépendante (CEI) le 12 février par le chef de l'Etat Laurent Gbagbo. Alors que, selon le CICR, deux manifestants anti-Gbagbo sont morts le 22février, la médiation de Compaoré porte ses fruits. Le Premier ministre présentera son nouveau cabinet en principe aujourd’hui et tiendra "aussitôt" son premier conseil des ministres, a annoncé le chef de l'ex-rébellion des Forces nouvelles (FN), Guillaume Soro, qui avait été reconduit au poste de Premier ministre qu'il occupe depuis l'accord de paix de 2007.et la commission électorale reprendra son travail cette semaine. Parrain de cet accord, le « facilitateur » Compaoré a indiqué que « les protagonistes, notamment l'opposition, ont accepté de s'engager dans la reconstruction du gouvernement », à l'issue de son marathon de consultations. Depuis plus d'une semaine, la formation de cette équipe avait été bloquée par l'opposition, qui exigeait le rétablissement de la CEI avant toute discussion sur son entrée dans le cabinet. La visite du médiateur Blaise Compaoré aura permis aux différents acteurs de la crise ivoirienne de renouer les fils de la discussion. Un accord aurait été trouvé sur la formation et composition de la Commission électorale indépendante. Le format de l’ancienne CEI serait préservé, mais avec de nouvelles têtes et un nouveau président. « La question de la commission a été résolue avec un accord pour la recomposer au cours de cette semaine », a déclaré le médiateur, en présence de MM. Gbagbo et Soro. Cela va « permettre de travailler très rapidement sur la qualité de la liste électorale » et « d'accomplir les autres taches en vue de fixer très rapidement une échéance pour l'élection présidentielle cette année », a-t-il ajouté. Que ce soit à son siège d’Abidjan ou dans ses antennes locales, la Commission électorale indépendante «bis» ressemblera à s’y méprendre à l’originale, à la nuance près que Robert Beugré-Mambé n’en sera plus président.
L’homme par qui le scandale était arrivé, celui que le chef de l’Etat Laurent Gbagbo avait accusé de tentative de fraude et de manipulation, a fini par être lâché par l’opposition. Celle-ci l'avait initialement défendu, dans l’affaire du fichier des 429 000 noms établi en marge de la liste électorale. Ses quatre vice-présidents dans l’ancienne CEI partageront sa disgrâce. Ce seront donc cinq nouvelles têtes qui apparaîtront le 25 février à la tête de la Commission électorale, quand celle-ci élira ses dirigeants. Le processus électoral devrait pouvoir reprendre, dans la foulée, pour une période de trois semaines, un mois. Sauf nouvel accident de parcours, la liste électorale définitive pourrait alors être prête en mars, pour un premier tour de la présidentielle vers le mois de mai. Au final, le président Gbagbo comme l’opposition auront obtenu ce qu’ils voulaient : la tête du président de la CEI et d’un vice-président pour le premier, la mainmise conservée sur la commission pour la seconde. Quand à la médiation burkinabé, elle est repartie avec un succès aussi rapide que spectaculaire.
Blaise Compaoré, médiateur dans la crise ivoirienne fait le bilan des discussions « Les résultats sont satisfaisants, que ce soit au niveau... de l'acceptation des parties prenantes pour s'engager dans la reconstruction du gouvernement, mais aussi sur la préparation des élections. Les parties se sont accordées pour recomposer la Commission électorale indépendante... ».
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