Forum Afrique Développement:Les enjeux d’une intégration économique Sud-Sud PDF Imprimer Envoyer
Écrit par leconomiste   
Lundi, 03 Mai 2010 16:32

Un hub africain de la finance et de la banque! Telle est l’ambition affichée à moyen terme pour Casablanca. Il faut dire que c’est bien parti, que cette vision est réaliste. En tout cas, la composante financière est un maillon essentiel pour développer une économie Sud-Sud à la hauteur de son fort potentiel.

Sur ce créneau, avec l’organisation du Forum Afrique Développement(les 29 et 30 Avril à Casablanca), Attijariwafa bank (AWB) a pris une longueur d’avance. En effet, ce forum a une portée hautement stratégique, puisque les marchés subsahariens représentent un relais de croissance fondamental pour le groupe bancaire. Et le succès était au rendez-vous lors de cette première édition du forum, présageant de bonnes perspectives pour l’édition 2011. Rendez-vous qui se tiendra également dans la mégapole marocaine. Une initiative qualifiée d’«heureuse, vertueuse et prometteuse» par Taïb Fassi Fihri, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération. L’idée étant d’en faire une rencontre annuelle incontournable au niveau continental. Logistique, agro-industrie, BTP et métallurgie étaient les secteurs présents en force et qui ont multiplié les contacts lors des séances B to B. Autant d’opportunités à saisir pour les un et les autres.


Mais avant tout, le forum a été l’occasion de débattre des enjeux de l’intégration continentale. D’ailleurs, il faut reconnaître que l’échange était non seulement riche mais également concret. Ce qui a permis de tirer des conclusions et recommandations pratiques au terme de la rencontre.
Ainsi, autour de cet objectif global de développement, s’articulent des axes identifiés comme facteurs clef de succès. Les plus importants, sont au nombre de trois: investissement, infrastructure et logistique. En effet, ce triptyque fondamental concentre tous les efforts.
En parallèle, des problèmes transversaux perturbent la dynamique économique. En premier lieu, arrive le manque de confiance. En ce sens où les échanges commerciaux sont pénalisés par les craintes sur le règlement des transactions. Cet obstacle est accentué par le manque de transparence et la corruption qui gangrène l’Afrique. D’autant plus que les institutions financières intermédiaires se connaissent tellement peu les une les autres. Dans ce cadre, des mécanismes de garantie ont été mis en place par des organismes internationaux (SFI, AFD…). Ils permettront de promouvoir les échanges et de garantir les premiers contacts. Ceci étant, l’expérience a montré que le manque de confiance n’est qu’une perception, vite effacée par les bonnes pratiques. Dans ce cadre, la banque hôte et l’Agence française de développement (AFD) ont signé un protocole d’accord portant sur un instrument de garantie destiné aux PME subsahariennes en marge du forum. Son objectif étant de faciliter l’accès au crédit dans le cadre de projets de création, d’extension ou de transmission d’entreprises. A signaler que AWB est également membre du programme de garantie de la SFI. Certes, «ce type de mécanismes est efficace et indispensable, mais trouve sa limite en sa taille. Les efforts à fournir sont si importants, qu’il est nécessaire d’atteindre une taille critique», explique Karim El Aynaoui, directeur des études et des relations internationales à Bank Al-Maghrib.


Autre entrave signalée, les barrières tarifaires et non tarifaires. A ce titre, il va faloir activer la concrétisation des accords de partenariat économique. «La conclusion rapide des accords commerciaux préférentiels est primordiale», affirme Taïb Fassi Fihri. Dans cette optique, deux unions sous-régionales sont en première ligne. Il s’agit de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) et de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC) qui représentent 14 pays, de plus de 110 millions d’habitants. Seulement il est indispensable que ces accords multilatéraux prévoient clairement des clauses d’investissement. «L’objectif n’est pas de faire de l’Afrique un comptoir d’achat et d’importation», signale un participant camerounais. Il est plutôt question d’amorcer un développement économique et sociétal structurel. Ce qui passe par l’implication systématique des opérateurs locaux dans l’ensemble des projets initiés. D’ailleurs, l’on s’est bien gardé d’employer «libre échange» pour qualifier ces projets d’accord.
 

 

 

 


 
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