| Le secteur bancaire en Afrique de l’ouest |
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| Écrit par Ahmet Fall | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Mercredi, 28 Juillet 2010 22:29 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
L’objectif de cette chronique sera de présenter le secteur bancaire en Afrique de l’Ouest. Qui sont les principaux acteurs bancaires en Afrique de l’Ouest ? Quelles sont les performances de ces banques ? Quels sont les organes de régulation ? Quels produits sont proposés ? Quel est le potentiel de développement ?  Qui sont les principaux acteurs bancaires ouest africains ?  Force est de constater qu’en tant que première puissance démographique et économique de la sous région, les banques nigérianes trustent les premières places tant en termes de total bilan, de PNB et de résultats. Les cinq premières banques sont toutes nigérianes et commencent petit à petit à dominer le marché sous régional en étendant leurs activités à l’Afrique francophone qui est longtemps restée la chasse gardée de grandes banques françaises telles que la Société Générale et la BNP. Ces banques nigérianes se nomment Zenith, First Bank, UBA… En plus du développement des banques nigérianes, les banques marocaines font une arrivée remarquée en Afrique de l’ouest et on peut citer l’opération d’envergure d’Attijari warifa qui a racheté le groupe bancaire CBAO qui occupait une place de choix dans le système bancaire sénégalais. En plus de cette opération d’envergure, Attijari a négocié le rachat des filiales du groupe bancaire français Crédit Agricole qui marque ainsi sa volonté de se retirer du système bancaire de l’Afrique subsaharienne. Sa consœur marocaine BMCE a acquis une importante particpation dans la banque malienne Bank Of Africa qui ne cesse de prendre de l’envergure au niveau national et a des ambitions sous régionales. L’autre acteur du secteur qu’on ne peut ne pas mentionner est le groupe togolais Ecobank qui ne cesse d’étendre ses tentacules dans la sous région et connait une forte expansion de son activité même si le demi-échec de la levée de capitaux d’Ecobank va freiner ses ardeurs de développement dans la sous région. Les succursales de grandes banques françaises ne sont pas en reste avec la Société Générale qui occupait une position de leader dans certains pays comme la Côte d’Ivoire et le Sénégal mais ne cesse de perdre du terrain face à l’arrivée de concurrents de plus en plus agressifs. Du côté de la BNP, ces filiales au Sénégal, Côte d’Ivoire, Mauritanie n’ont pas connu de progression fulgurante et perdent du terrain comme la Société Générale face à la concurrence de banques marocaines, nigérianes. Mais l’Afrique de l’ouest est elle une priorité pour les banques françaises qui jugent certains états de l’Afrique du Nord plus porteur ? Viennent enfin les banques locales qui n’exercent que sur leur marché domestique et ont des moyens très limités pour envisager pour la plupart leur permettant d’envisager un développement à l’international. Ces banques sont vouées à disparaître ou se faire racheter. On reviendra plus en détail sur ce cas de banques dans la partie dédiée à l’avenir du secteur bancaire en Afrique de l’Ouest. Le tableau ci-dessous reprend les principales banques en Afrique de l’Ouest avec comme informations le total bilan, le PNB et le résultat de chacune de ces banques :
  Les banques tirent leur profit de 2 sources principalement : -les commissions qu’elles touchent sur les opérations financières -les intérêts qu’elles touchent sur des prêts faits à des agents économiques (particuliers ou entreprises) en sachant que la banque elle-même paie des intérêts sur l’argent qu’elle emprunte à la banque centrale ou sur le marché interbancaire. Les dépôts n’étant dans la plupart des cas pas rémunérés. Dans cette partie on va chercher à évaluer la rentabilité des groupes bancaires en faisant un ratio résultat net/Produit Net Bancaire. Soit le calcul d’un taux de rentabilité. On se heurte à un problème d’informations le résultat de toutes ces banques n’étant pas connues. Le tableau suivant présente le taux de rentabilité des 10 premières banques africaines en termes de résultat : Â
On remarque que sur les 10 banques en question, l’Afrique de l’Ouest est représenté par 2 banques nigérianes. A partir des taux de rentabilité on peut extrapoler en disant que le taux de rentabilité des banques en Afrique de l’Ouest tourne autour de ces taux. Force est de constater que les taux de rentabilité sont très élevés pour certaines banques m’amenant à douter de la véracité de ces chiffres extraits du classement du sérieux quotidien Jeune Afrique. Un scandale financier dans le secteur bancaire nigérian conduisant à un remplacement des dirigeants de cinq banques et du gouverneur de la banque centrale chargée de la supervision ne font que conforter le scepticisme quant à ces chiffres. Cela constitue une transition avec le prochain point abordé sur les organes de régulation du secteur bancaire en Afrique de l’Ouest ? L’Union Monétaire Ouest Africain (UMOA) regroupe un ensemble d’anciennes colonies françaises ayant une commune monnaie le F CFA (indirectement la monnaie de l’ancienne colonie la France qui dirige de facto la politique monétaire de ces pays). Ces pays ont une banque centrale commune la BCEAO et au sein de l’UMOA une commission bancaire calquée sur le modèle français chargée de réguler le secteur bancaire et de le contrôler. A noter que cette commission bancaire est partie intégrante de la BCEAO dans le cas de l’Afrique de l’Ouest. La BCEAO définit le rôle de la commission bancaire comme suit :  « La Commission Bancaire exerce sa mission à travers les instruments suivants :
 Mais qu’en est-il dans les faits ?  En consultant le dernier rapport disponible sur le site de la BCEAO (voir lien ci dessous), on ne remarque pas de notes ou de documents relatifs à des audits menés au sein d’établissements bancaires en 2008 pour tester leur solidité, leurs moyens de lutte contre le blanchiment. Ce rapport est assez intéressant au passage sur le paysage bancaire de l’UMOA. http://www.bceao.int/internet/bcweb.nsf/french.htm?OpenFrameSet  Le cas nigérian  Les banques nigérianes sont contrôlées par la banque centrale du Nigeria qui a un pouvoir de sanction et l’applique si besoin est. Ce fut le cas en 2009 où 8 dirigeants (Intercontinental Bank, UBA, Afribank, Finbank, Oceanic Bank, PHB, Equatorial Trust et Spring Bank) de banques locales ont été licenciés suite à un audit mené sur les banques nigérianes. Cet audit a montré la nécessité de recapitaliser certaines banques exposés à des prêts risqués (notamment des prêts spéculatifs à des investisseurs soucieux de faire des gains sur le marché boursier nigérian qui s’est effondré) ; une sorte de « subprimes » à l’africaine obligeant la banque centrale à injecter 720 milliards de nairas (environ 5 Milliards de dollars) pour éviter la faillite d’une de ses banques qui aurait été dommageable à l’ensemble du secteur bancaire par effet domino.  Les produits proposés  La plupart des banques en Afrique de l’ouest sont des banques de détail même si certaines banques à l’exemple de la nigériane UBA ont développé une banque d’affaires ou Corporate and Investing Banking chez les Anglos Saxons. Les banques proposent en plus de la tenue de comptes, des produits d’épargne, le financement immobilier et des services aux entreprises en gestion de trésorerie et du risque de change pour certaines banques. Les banques européennes sont pour la plupart des banques universelles alliant à la fois la banque de détail (le retail Banking), la banque d’investissement (CIB), la gestion d’actifs (Asset Management qui comprend la gestion de fortune plus connue sous le nom de Wealth Management), l’assurance. Les banques américaines ont dû choisir après la crise de 1929 et la Glass Steagall Act entre banque d’affaires et banque de détail. Mais cette loi a été supprimée en 1980 et Barack Obama sans aller aussi loin que le Glass Steagall Act essaie de remettre une frontière entre ces 2 modèles bancaires. L’objectif est de faire de telle sorte que l’Etat et donc le contribuable ne soit pas pris en otage par des banques irresponsables mais « too big to fail » soit en français trop gros pour faire faillite. Les banques africaines en Afrique de l’ouest restent donc des banques de détail. Des sociétés indépendantes ont vu le jour dans la gestion d’actifs et le private Equity. Leur nombre est encore très restreint et s’explique par la structure des marchés financiers africains. Pour plus d’informations à ce sujet, le lecteur peut se référer à la chronique consacrée aux marchés financiers africains. http://www.managers-africains.com/chronique/ahmet-fall/11138-les-marches-financiers-africains.html  Conclusion  Le secteur bancaire ouest africain comme on a eu à le constater est en plein essor et ne cessent de se transformer au gré des fusions, acquisitions, absorptions et implantations de nouveaux établissements bancaires. Les établissements marocains et nigérians sont les grands acteurs de ce marché où les banques françaises à quelques exceptions près perdent du terrain devant des concurrents plus agressifs et mieux armés. Mais l’Afrique subsaharienne est elle vraiment une priorité pour ces établissements. Apparemment non et le Crédit Agricole a montré la voie en vendant ses succursales en Afrique subsaharienne pour se concentrer sur le Maghreb plus proche géographiquement avec un pouvoir d’achat plus élevé. Le secteur bancaire va encore évoluer pendant les années à venir. Pour augmenter le taux de bancarisation des populations de nouveaux canaux doivent être mis en place et la contribution de nouvelles technologies comme le téléphone portable va y contribuer. Il faut souligner que ce faible taux de bancarisation est à mettre en rapport avec la mentalité en Afrique où les consommateurs ont souvent tendance à thésauriser l’argent et l’importance de la religion qui condamne l’usure. La finance islamique va-t-elle prendre plus d’importance en Afrique ?   Sources : Jeune Afrique Hors Série 22 Spécial Finance  N.B : N’hésitez pas à me contacter pour me faire part de vos commentaires et critiques en m’envoyant un mail à Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.         Â
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| Mis à jour le Mercredi, 28 Juillet 2010 23:19 |
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