La ChinAfrique PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Ahmet Fall   
Lundi, 09 Novembre 2009 23:12
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Longtemps chasse gardé des anciennes patries colonisatrices, une page se tourne en Afrique avec l’émergence de nouveaux partenaires économiques que sont la Chine et l’Inde. L’Afrique de par la richesse de son sol et les opportunités qu’elle offre intéresse fortement des pays comme la Chine qui consomment énormément de matières premières dont elles ne disposent pas.
 
L’objectif de cette chronique est de  mettre en avant les bases du partenariat entre l’Asie plus principalement la Chine et l’Afrique, et de savoir s’il gagnant pour toutes les parties.

 
 Les bases du partenariat Afrique Asie
 
Les relations entre l’Asie et l’Afrique remontent à la conférence de Bandung qui s’est tenu du 18 au 24 avril 1955 sur l’île de Java en Indonésie. L’Indonésie, la Yougoslavie, l’Égypte et l’Inde ont adopté une position de neutralité en pleine guerre froide vis-à-vis des deux protagonistes qu’étaient les USA et l’Ex URSS. Mais cette conférence a aussi été l’occasion de prôner le rassemblement des pays pauvres, et la lutte contre le colonialisme la plupart des pays aspirant à l’indépendance.
Les relations entre la Chine et l’Afrique dateraient du 3ème siècle avant J.-C.
La Chine, est devenue entre temps la 2ème puissance économique mondiale selon le calcul du PIB en parité de pouvoir d’achat fait par le FMI.
 
La Chine est la troisième consommatrice d’énergie au Monde derrière les USA et l’UE mais ne dispose pas de ressources lui permettant une autosuffisance. Le charbon fournit 60% de l’énergie utilisée. Le nucléaire ne représente que 0,5% des besoins en énergie du pays. La Chine est le 5ème producteur de Pétrole au monde mais confrontée à une croissance très forte de son économie, la Chine importe beaucoup de Pétrole. Pour assurer son approvisionnement en or noir, la Chine fait appel à des pays africains tels que l’Angola, le Soudan, l’Algérie.
 
Au-delà du pétrole, la Chine consomme d’autres minerais tels que le cuivre avec la Zambie, le cobalt au Congo, du platine et du chrome au Zimbabwe, du bois au Gabon, au Cameroun, de l’acier, de l’or…
En échange de l’achat des matières premières africaines, la Chine dispose de débouchés pour ces produits manufacturés  à bas prix, des biens électroniques. Mais au-delà de ces débouchés la Chine gagne des marchés pour la construction de routes, d’hôpitaux et d’écoles…. Plus de 900 entreprises chinoises exercent sur le sol africain. Ces marchés se font sous forme de troc où en échange de la construction d’infrastructures la Chine met la main sur les matières premières du pays.
Mais disposant de liquidités abondantes, la Chine joue le rôle de bailleur de fonds pour certains États africains et les échanges commerciaux entre l’Afrique et la Chine représentent environ 90 milliards de dollars et plus de 800 000 chinois travaillent sur le continent africain.
 
Le partenariat Chine Afrique est ce du gagnant gagnant ?
 
La venue de la Chine ne créée pas forcément d’emplois sur le territoire africain. En effet les entreprises chinoises qui remportent des marchés en Afrique ne font pas appel à la main d’œuvre locale mais font venir des ouvriers de Chine et plus de 800 000 chinois travaillent sur le sol africain.
La Chine en achetant les matières premières du Soudan par exemple contribue à financer le régime d’Oumar El Béchir le président soudanais accusé de crimes contre l’humanité au Darfour. La Chine membre permanent du Conseil de Sécurité de l’ONU a longtemps opposé  son veto à toute sanction du régime de Khartoum. En plus, la Chine vend des armes au régime soudanais et avait refusé de voter la résolution des Nations Unies visant à déployer des casques bleus dans la zone du Darfour.
 
Plus récemment, la Chine va signer des contrats avec la Guinée entre 7 et 9 milliards de dollars dans l’exploitation minière et pétrolière. Ces contrats donnent une bouffée d’oxygène à la junte militaire du Capitaine Moussa Dadis Camara dont l’Union Européenne estime qu’il devrait être jugé pour crime contre l’humanité. La Chine a préféré jouer la carte économique plutôt que la solidarité diplomatique qui aurait permis à la communauté internationale de maintenir la dictature guinéenne sous pression.
La Chine a su se développer très rapidement et certains États africains comptent prendre exemple sur la Chine pour se développer. Mais notons que si la Chine occupe la deuxième place en termes de PIB en parité de pouvoir d’achat, elle n’est que 92ème en termes d’IDH. La Chine n’est pas un exemple à suivre en termes de démocratie, de respect des droits de l’homme, d’écologie et de justice sociale.
 
En matière de démocratie, la Chine est une dictature où les libertés sont restreintes. C’est le pays où il y a eu le plus d’exécutions de condamnés à mort (5000 en 2008) et la liberté d’expression y est inconnue.
En matière d’échanges, rien ne garantit que les pays africains vendent ces matières premières au meilleur prix. Ces matières premières sont vendues brutes à la Chine qui les transforment en produits manufacturiers et les revend aux mêmes pays africains. Les pays africains sont ils vraiment gagnant dans ce genre d’échanges ?
Le défunt président gabonais chantre de la FrançAfrique disait : « L'Afrique sans la France, c'est la voiture sans le chauffeur. La France sans l'Afrique, c'est une voiture sans carburant». Mais c’est le chauffeur qui décide du chemin à suivre étant au volant.

En guise de conclusion, les relations entre la Chine et l’Afrique doivent se faire dans une autre logique autre que celle qui prévaut actuellement. Les États africains doivent prendre exemple sur la Chine pour espérer se développer un jour mais tout n’est pas bon à prendre dans le modèle chinois. La Chine cherche juste à défendre ses intérêts économiques à nous africains de défendre les nôtres.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Mis à jour le Lundi, 09 Novembre 2009 23:40
 
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