| Quand le transfert de fonds des migrants fait partie de l’aide au développement des pays du Sud |
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| Écrit par LePatrick | |||
| Mercredi, 21 Janvier 2009 00:38 | |||
  L’utilité des transferts de fonds  Les travailleurs émigrés envoient souvent une partie de leurs revenus à leurs familles restées au pays[1]. Cette partie de revenus souvent envoyés pour un but précis à la famille – pour leurs besoins particuliers –, sert à réduire la pauvreté. D’après une étude de la Banque mondiale, depuis 1990, le transfert de fonds internationaux a réduit la pauvreté de certains pays du Sud[2], notamment d’Asie du Sud-Est[3]. Des reportages récents ont montré comment la diaspora malienne de France a financé divers projets dans les coins les plus reculés de la capitale Bamako, entre autres : la construction de château d’eau, des écoles, d’une banque, etc. Dans les ménages les plus pauvres, ce transfert sert à tout financer : la popote au quotidien, les frais de santé, d’éducation des enfants, de logement, etc. ; dans les ménages les plus aisés, les transferts servent à financer le capital des petites et moyennes entreprises (PME) et des petites et très petites entreprises (PPE), mais aussi à payer les importations et le service de la dette extérieure. Dans les deux cas de figure, les migrants, outre les transferts d’argent, contribuent à la réduction de la pauvreté[4] en envoyant de la marchandise dans un but commercial et souvent les véhicules pour faire le transport en commun (taxis et bus) dans les pays où ce type de transport est réglementé aux particuliers – et c’est souvent le cas dans les pays du Sud notamment les pays d’Afrique centrale et de l’Ouest sans oublier certains pays d’Amérique latine.  Les agences des transferts de fonds  L’aide des migrants à leur pays d’origine était faite jadis par l’intermédiaire des bureaux de poste – mandats postaux – ou par les établissements bancaires. Elle était moins significative en volume. Une fois que le transfert avait été fait, le retrait dans le pays concerné était souvent tissé de litige. Car le bureau de poste du pays receveur manquait parfois de liquidité pour remettre les fonds. Ce n’est qu’à partir de l’apparition massive des agences privées de transfert de fonds que les mandats internationaux faits à la poste et aux établissements bancaires ont été revus à la baisse, au profit desdites nouvelles agences privées. Parmi ces dernières, c’est Western Union qui est la locomotive de toutes les autres. Notons que le transfert de fonds par les établissements bancaires ne représente que 15 à 16 % du total des opérations de transfert. Actuellement, bien que quelques transferts se fassent à la poste, Western Union utilise tout de même ses propres locaux ou agences pour les transactions – 270 000 bureaux dans le monde. En peu de temps, les sociétés de transfert de fonds se sont multipliées à savoir Thomas Cook, RIA, Moneygram, Hopefinance, les petits bureaux privés et/ou collectifs ; et les personnels individuels qui sont dépourvus de bureau. Les premiers sont légaux el les derniers illégaux car dépourvus de statut.  Le montant des transactions  On considère que les migrants envoient de 10 à 20 % de leurs revenus à leur famille restée dans leur pays d’origine, d’après les études de la Banque mondiale. Ces montants ont considérablement augmenté ces dernières années, dépassant les 80 milliards de dollars annuels (d’après une étude de la Banque mondiale, les transferts formels de fonds à l’échelle planétaire se sont élevés à 93 milliards de dollars en 2005, soit une progression de 50 % en cinq ans[5]). Selon les experts, il faudrait gonfler ce chiffre de moitié pour s’approcher de la réalité. Les raisons de cette augmentation peut s’expliquer par trois raisons majeures : (i) la croissance spectaculaire de l’immigration ; (ii) la baisse de l’aide publique au développement (APD) ; (iii) l’instabilité politique dans les pays du Sud qui entraîne les problèmes économiques, d’où la répercussion sur le quotidien des populations. La détérioration des conditions de vie des populations du Sud semble avoir provoqué un renforcement de la solidarité de la part des migrants établis dans les pays occidentaux. Ces envois, généralement effectués sous forme de virement bancaire, constituent une manne lucrative pour les banques occidentales[6] : elles gardent entre 7 et 18 % du montant envoyé, soit plus de 10 milliards de dollars par an[7]. Les montants des transferts informels ne sont pas souvent pris en compte, car pas connus : ils sont soit deux, trois, quatre, voire cinq fois du montant officiel. D’après Dilip RATHA, économiste à la Banque mondiale, deux-cent millions de migrants environ devraient envoyer vers leur pays d’origine 283 milliards de dollars en 2008, contre 265 milliards en 2007. Compte tenu de la crise financière et de la conjoncture économique actuelle, le ralentissement de la croissance des envois de fonds devrait passer de 6,7 % à 0,9 % en 2009. Mais les transferts de fonds dépasseront toujours de loin l’aide publique au développement, qui s’élève en moyenne à 100 milliards de dollars par an.[8]  Les frais de transfert : source de concurrence entre les prestataires de services  Face à une multitude de petites sociétés de transfert de fonds, chacune fait de son mieux pour attirer la clientèle : c’est de la concurrence pure et parfaite diraient les économistes. Les frais de transferts de fonds dépendent d’une société à une autre : ils sont souvent dégressifs. La société fournit une carte de fidélité à ses clients : c’est le cas de Western Union. Ces clients bénéficient d’une réduction de frais ou pas du tout de frais après un certain nombre d’envoi de fonds. Western Union distingue les envois normaux – l’argent est à retirer à la seconde près par le receveur après l’envoi par l’expéditeur des coordonnées de la transaction – des envois dits « 48 heures » – le receveur ne peut retirer l’argent qu’après 48 heures –. D’autres sociétés nouvellement créées, font de la surenchère des frais en pratiquant des frais défiant toute concurrence : c’est le cas de la société Hopefinance[9]. Les transferts informels d’argent sont soit facturés, soit non facturés. Vu que chaque semaine il y a des vols par avion des pays occidentaux vers les pays du Sud, les migrants remettent de mains à mains de l’argent aux voyageurs – qui peuvent être un parent, un ami, etc – pour aller remettre ensuite à leurs familles restées au pays.  Les modalités d’envoi et de retrait  Ces modalités sont faites par Internet, dans les bureaux de poste pour Western Union et d’autres agences comme Moneygram, dans les agences proprement dites de chaque société, le transfert de main à main pour les circuits informels. Dans le cas d’un envoi par Internet, l’expéditeur doit se munir d’une carte bancaire valide et d’un compte alimenté dans la limite des fonds à envoyer. Généralement, les frais par Internet sont plus élevés qu’un envoi classique dans un bureau d’agence. Pour les envois ou retraits aux agences, l’expéditeur ou le destinataire doit avoir une pièce d’identité en cours de validité et remplir un formulaire d’envoi ou de retrait[10] qui comporte les prénoms et noms de l’expéditeur, du destinataire, le montant, l’adresse, le téléphone, la question test et la réponse ; le destinataire ou receveur des fonds doit se munir ou non d’une pièce d’identité valide selon que l’expéditeur l’ait indiqué ou pas, et de tous les éléments qui lui ont été communiqués par l’expéditeur, à savoir le code de transfert, le montant, etc.  Les inconvénients du transfert de fonds  Les transferts de fonds à nos yeux servent aussi à blanchir de l’argent sal. Car certaines personnes utilisent le transfert de fonds pour des transactions à des fins commerciaux : ce qui est normalement interdit. Et surtout à mettre en circulation dans des flux économiques de l’argent tirés des opérations douteuses comme la drogue, la vente illégale d’armes, l’argent de la prostitution, etc.  *Patrice ITOUA Spécialiste des institutions financières internationales Contact : Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. [1] Certains migrants envois de l’argent et le même montant chaque mois. Cela est comparable à un prélèvement ou virement bancaire mensuel quelconque. [2] Dilip RATHA, Finances et Développement, l’ABC de l’économie, décembre 2005, p. 42. [3] Une étude toute récente du FMI montre que le transfert de fonds a réduit 1/3 de pauvreté dans les pays d’Asie du Sud-est. [4] Dilip RATHA, « Envois de Fonds. Une bouée de secours pour le développement », in Finances & Développement, décembre 2005, p. 42. [5] Joël PERIER, « A qui profite les transferts de fonds des travailleurs immigrés », in La Lettre de Coopération Solidarité Développement, juin-juillet 2006. [6] Les gros bénéficiaires de la transaction sont les agences spécialisées dans le transfert d’argent telles que Western union, Thomas Cook et d’autres petites agences privées. [7] www.les-renseignements-genereux.org/fichiers/brochures-pdf/broch-APD-20061012-oria5-a5.pdf [8] Document Banque mondiale, « Les envois de fonds au secours des pays en développement », Actualités-Médias, 24 novembre 2008. [9] Basée à Paris, la société Hopefinance compte élargir son action de partout le monde et entend entreprendre ses activités surtout en Afrique pour mettre en place la politique des microcrédits initiée par Yunus Muhammad (voir site www.Hopefinance.com pour plus de détail) [10] Pour des questions de rapidité des opérations et pour éviter la queue, certaines agences n’ont plus de formulaires que les clients remplissent, que ce soit pour l’envoi et pour le retrait. L’opération se fait directement au guichet et le client ne faisant que dicter ce qu’il remplissait avant dans le formulaire.     Â
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| Mis à jour le Mercredi, 21 Janvier 2009 00:52 |
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